LEONARDO GENONI : UN CONTRAT QUI FAIT DEJA JASER !

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La valse des annonces des futurs contrats a belle et bien commencée.

Cela fait déjà quelques années que le championnat suisse de hockey sur glace, que cela soit en National League ou en Swiss League, est touché par le fléau d’annonces anticipées de nouveaux contrats. Lundi dernier, on apprenait que Leonardo Genoni rejoindrait les rangs de l’EV Zoug dès la saison 2019-2020 pour une durée de cinq ans. L’ancien cerbère de Davos et Berne effectue donc un retour dans ses terres natales.

68890-1_c(source : www.planetehockey.com)

On ne peut pas remettre en cause la décision du gardien de l’équipe nationale, mais bien se demander l’impact que peuvent avoir de telles annonces sur le moral d’une équipe. À coup sûr cette nouvelle aura son lot de conséquences sur la prochaine saison du CP Berne et même du côté de Zoug. En effet, il serait intéressant de savoir ce qu’en pensent vraiment les personnes concernées. La question est de savoir si la ligue suisse de hockey devrait mettre en place un système type NHL en ce qui concerne les signatures de contrat et la relève des différents clubs du championnat suisse.

Le système NHL est-il vraiment viable chez nous ?

Outre Atlantique, vous ne verrez jamais une telle annonce tombée dans les médias. En effet, depuis maintenant plusieurs années, la ligue nationale de hockey et l’association des joueurs ont trouvé un « gentlemen agreement » concernant la mise sous contrat des joueurs.

Gary-Bettman-1040x572(source : www.nhl.com / Garry Bettman commissaire de la NHL)

En premier lieu, les joueurs sont repartis dans trois différentes catégories : agents libres sans restrictions, agents libres avec compensation et finalement les contrats d’entrée pour les joueurs considérés comme recrues. Ce système permet aux différentes franchises de la grande ligue d’assurer leur avenir en ce qui concerne leur banque d’espoirs et leurs jeunes joueurs d’impacts arrivant en fin de contrat.

Un joueur autonome sans restriction est en général déjà considéré comme vétéran et il a le droit, uniquement à la fin de son contrat d’entrer en matière pour une prolongation de contrat ou de tester le marché des agents libres à sa guise. Ce fût le cas de John Tavares cette année qui a préféré s’entendre avec les Maple Leafs de Toronto au lieu de prolonger son contrat avec les Islanders de New York.

john-tavares-holds-up-maple-leafs-jerser(source : www.nhl.com / John Tavares avec son nouveau chandail des Leafs)

En ce qui concerne les agents libres avec compensation, la priorité est donnée au club en ce qui concerne une éventuelle prolongation de contrat. Cependant dans le cas où les deux parties n’arriveraient pas à s’entendre sur une prolongation de contrat (montant et durée du contrat en général) le cas se verra réglé devant un arbitre désigné par la ligue nationale de hockey. Il existe également la possibilité qu’une autre franchise effectue une offre hostile aux joueurs, mais cette dernière devra offrir des choix au repêchage en guise de compensation. Cependant cette pratique est peu courante de nos jours. Les différents directeurs généraux préfèrent effectuer une transaction afin de mettre d’accord les deux parties concernées.

Pour les joueurs « rookies », on parle de contrat d’entrée dans la ligue nationale de hockey. En général, le contrat se base sur une somme équivalente pour toutes les équipes de la ligue ($925’00 par saison) et une durée standard (3 saisons). Seules les primes à la signature divergent selon les joueurs. On peut prendre comme exemple le contrat de Nico Hischier avec les Devils du New Jersey. Ce dernier s’est entendu dès sa première année sur un contrat de trois ans d’une valeur de $2’775’000 ($925’000 par année) avec une prime de $8’550’000 ($2’850’000 par année) à la signature.

%20Nico%20Hischier_3.jpg(source : www.swisshabs.com)

Selon moi, ce système est bien trop complexe pour le championnat suisse de hockey sur glace, mais la ligue suisse de hockey pourrait mettre en pratique certains points valables en Amérique du Nord afin de protéger la relève des plus petites écuries de nos championnats.

Le système que devrait reprendre la ligue suisse de hockey sur glace est la réglementation des différentes plages pour les négociations des contrats et des échanges. En effet, en limitant les négociations sur certaines périodes comme en Amérique du Nord, le fléau que l’on connait depuis déjà quelques années serait en voie de disparition voire inexistant. Par le passé, plusieurs exemples d’annonces de signatures de contrat ont eu leurs lots de conséquences que cela soit au sein du noyau de l’équipe concernée ou tout simplement au niveau des partisans qui parfois se sentent lésés. Cependant, la situation s’annonce encore plus chaude au niveau des futurs contrats et on risque bien d’assister à une véritable comédie ces prochains mois.

Plusieurs facteurs seront déterminants lors de l’exercice 2018-2019.

Cette saison, on risque bien d’assister à une véritable course contre la montre pour les directeurs sportifs en ce qui concerne les gardiens de but et les défenseurs. En effet, depuis déjà quelques années le championnat de National League est touché par une pénurie de gardiens de premier plan et surtout un manque flagrant de défenseurs. L’exemple du nouveau contrat de Leonardo Genoni en est la preuve même.

gaetan-haas.jpg(source : www.swisshabs.com / Gaetan Haas direction Amérique du Nord ?)

En plus les performances de certains joueurs de la Nati leurs des derniers championnats du monde seront à coup sûr synonymes de départs outre Atlantique et donc une grosse perte pour les équipes concernées qui auront à cœur de frapper un grand coup sur le marché pour combler leurs éventuelles pertes. Il est en effet très probable que les Grégory Hoffman, Elvis Merzlikins, Enzo Corvi et Gaetan Haas pour ne citer qu’eux tentent leur chance dans le circuit Bettman à la fin de la future saison.

Dans le monde du  hockey suisse les avis divergent.

Une chose est sûre, actuellement dans le monde du hockey suisse les avis sur ces annonces anticipées de contrats divergent. D’un côté, le joueur en question ne va dans tous les cas pas remettre en question cette méthode puisqu’il a en quelque sorte assuré son avenir sur le plan sportif et économique. Le fait que la ligue suisse de hockey ne mettent aucune limite en place dans le temps concernant la mise sous contrat des joueurs peut et pourra devenir un réel problème pour l’avenir de nos championnats.

En effet, le fair-play sportif n’est plus le même depuis quelques années en National League et en Swiss League et les équipes disposant des moyens nécessaires se retrouvent de façon logique en tête de nos championnats et favoris pour l’obtention du titre de champion suisse. En limitant dans le temps la période des signatures et des échanges, en donnant la possibilité à toutes les franchises de protéger leur banque d’espoirs nos championnats n’en sortiraient que gagnant. La future saison 2018-2019 nous en apprendra beaucoup à coup sûr et le futur du hockey sur glace suisse en dépendra.

Il est donc temps que les présidents et la ligue suisse de hockey sur glace se mettent à table et entâment des discussions sur ce cas précis !

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