NATI : ON FAIT LE POINT AVANT LES QUARTS DE FINALE

Un tout autre visage.

Tout le monde a sûrement encore à travers la gorge le résultat pitoyable de notre équipe nationale lors des derniers jeux olympiques de PyeongChang. Les critiques suite au tournoi avaient fusées dans les médias et les réseaux sociaux et j’étais en première ligne pour critiquer le travail du sélectionneur Patrick Fischer et le comportement et l’engagement de certains joueurs. Je m’attendais donc au pire avant les championnats du monde, à tort je l’avoue.

En effet, suite à la phase de qualification, le moment est venu de tirer un premier bilan des performances de l’équipe nationale. Avec un début timide dans le tournoi, la bande à Patrick Fischer a réussi à élever son Niveau de jeu au fil des rencontres et a même tenu la dragée haute aux grandes écuries comme la Russie et la Suède.

ui(source : www.rts.ch)

La venue de nos mercenaires d’Amérique du Nord fait partie de l’équation dans le succès des suisses, mais en regardant un peu plus loin les changements apportés à l’effectif ont également leur pesant dans la balance. Les absences d’Ambühl (retraite), Furrer, Hollenstein ou Praplan ont laissé place à d’autres joueurs qui sont arrivés avec l’objectif de se tailler une place de titulaire avec l’équipe nationale. Des joueurs tel que Joel Vermin, Enzo Corvi ou Grégory Hoffman ont su profité des places libres pour montrer à tout le monde de quoi ils étaient capables. On aurait cru qu’ils jouaient avec moins de pression et ils ont ainsi pu laisser parler leur talent.

Je repasse donc en quelques mots l’effectif qui a permis à notre Nati d’atteindre les quarts de finale :

Gardiens

Leonardo Genoni

Le cerbère du CP Berne n’a pas forcement connu ses meilleures séries éliminatoires avec le club de la capitale. Cependant il a encore une fois démontré son envie de bien faire avec le maillot à croix blanche. Toujours concentré et sur le qui-vive le grison d’origine a effectué les parades nécessaires dans les moments cruciaux des matchs. Une bonne assurance devant les filets.

Reto Berra

Le futur gardien de Fribourg-Gottéron a montré qu’il fallait compter avec lui et son talent explique pourquoi il a traversé l’Atlantique par le passé et pourquoi il a encore obtenu une chance de se faire valoir dans la meilleure ligue du monde. Malheureusement blessé suite à son dernier match Reto Berra ne sera sûrement pas devant le filet face à la Finlande. Avec de meilleures statistiques que son compère Genoni il aurait été intéressant de voir la décision de Patrick Fischer pour le match face à la Finlande. Toujours aussi athlétique et spectaculaire mais peut-être un peu moins constant que le premier nommé.

Défenseurs

Raphael Diaz

Enfin, l’ancien des Canadiens de Montréal a pris son rôle de capitaine en montrant la marche à suivre à ses coéquipiers. Avant l’arrivée de Roman Josi il fut le réel leader de la défensive suisse. Travailleur dans les deux sens de la patinoire, il a su apporter son apport offensif et sa vision du jeu dans différentes facettes du jeu. Une bonne assurance dans le jeu de transition et les situations d’avantage numérique. Le Raphael Diaz que l’on connaissait est de retour !

Michael Fora

Le défenseur format géant participait à ses premiers championnats du monde et finalement il n’a pas si mal paru. Sa mission est claire, jouer son rôle défensif et assurer une bonne première passe. Malgré quelques petites erreurs de relance et de placement le léventin sait maintenant où il devra améliorer son jeu. C’est bien en jouant contre les meilleurs joueurs du monde que l’on peut se remettre en question et faire le plein d’expérience. En haussant le niveau de son jeu il sera, à n’en pas douter, un futur pilier de la défense de l’équipe nationale.

Lukas Frick

Le jeune défenseur du Lausanne HC n’a pas été utilisé à profusion par le sélectionneur sûrement du à son manque d’expérience lors de compétition internationale. Moins impliqué que Michael Fora il reste beaucoup de chemin à faire pour l’ancien de Kloten. Âgé de 23 ans, il a encore le temps de voir venir, mais devra améliorer considérablement son jeu de transition et sa capacité à réagir si il entend faire partie de l’équation dans le futur.

Joël Genazzi

Le défenseur de 30 ans a plus joué un rôle de joker au sein de l’effectif de la Nati. Parfois septième défenseur ou attaquant lors de l’absence d’Andrighetto lors du deuxième match de qualification, il semble que l’avenir de l’homme à tout faire au sein de la Nati puisse être remis en cause dans le futur. Pas grand-chose à dire à son sujet puisqu’il n’a pas été impliqué dans les moments cruciaux de ces qualifications.

Roman Josi

Que dire ? Le défenseur bernois est tout simplement hors norme que cela soit avec son club de Nashville dans la LNH ou en équipe nationale. Dès son arrivée, Roman Josi a apporté cette envie de jouer avec la rondelle. Talentueux et unique en son genre on espère que notre défenseur étoile aura trouvé tous ses repères avant de croiser le fer avec la Finlande demain. Dans un futur proche une coupe Stanley et un trophée Norris pour le bernois ?

Dean Kukan

Dean Kukan a traversé l’Atlantique pour faire ses classes dans le club école des Colombus Blue Jackets et au fil des années il est parvenu à évoluer dans la grande ligue. Ses prestations outre-Atlantique sont comparables avec celles qu’il a démontré durant cette phase de qualification. Il peut être décisif, apporté un support en offensive et assurer les arrières. Son manque de concentration lors de certaines phases en zone défensive a parfois coûter cher à l’équipe nationale. Des erreurs qui se sont payées « cash ». Bel avenir en vue pour lui, mais parfois des absences et un manque de constance.

Mirco Mueller

Le coéquipier de Nico Hischier aux Devils du New Jersey a connu un très bon tournoi jusqu’à maintenant. Avec son gabarit imposant il a su apporter ce style de jeu robuste que peu de défenseurs étaient capables d’apporter en équipe nationale après Timo Helbing. Si il continue à progresser un bel avenir lui est promis en LNH mais également en équipe nationale. Il est bien clair qu’à 23 ans le zurichois a encore le temps de voir venir.

Ramon Untersander

Méconnaissable aux jeux olympiques et beaucoup moins performant avec son club du CP Berne, Ramon Untersander avait de quoi se faire pardonner. C’est chose faite ! Le défenseur offensif a été productif là où on l’attendait. Décisif à plusieurs reprises sur l’avantage numérique, ses quelques erreurs de relance et de placement lui sont pardonnées. Son jumelage avec Roman Josi sur l’avantage numérique pourrait être l’arme décisive face aux finlandais. Son changement d’attitude par rapport aux olympiques a peut être également galvanisés certains de ses coéquipiers.

Attaquants

Sven Andrighetto

L’attaquant de l’Avalanche du Colorado est à l’image de sa saison outre-Atlantique. Prestations en dents de scie. Je ne blâmerai pas l’ancien du tricolore sur sa pénalité de match puisque je l’ai trouvé sévère. Cependant, son comportement sur la glace peut agacer. Je vous parle bien d’attitude. L’attaquant zurichois est talentueux et produit offensivement, mais ce n’est pas le plus grand adepte du sacrifice et du travail défensif. Si il entend réellement s’imposer comme joueur d’impact dans la LNH du côté du Colorado il devra corriger ses points. Son éviction de l’effectif des Canadiens de Montréal et sa présence dans les estrades à plus d’une reprise du côté de Denver en sont la preuve.

Chris Baltisberger

Autant il a performé avec les ZSC Lions avec lesquels il a gagné le titre de champion suisse de National League, autant il connait un tournoi très compliqué. En effet, le jeune attaquant est bien en dessous de ce qu’il avait démontré lors des championnats du monde de Paris. Peut-être au bout physiquement après des play-offs engagés, Chris Baltisberger n’est simplement pas au niveau de l’équipe. Une fausse note qui n’aura pas forcément d’influence pour son avenir sous le maillot suisse, mais il devra encore une fois refaire ses preuves.

Enzo Corvi

Imaginez, ce gaillard de 25 ans évoluait encore il y a quelques années en première ligue. À Davos sous les ordres du magicien Arno Del Curto, le joueur de centre grison est en pleine explosion et connait ses meilleures années de hockey sur glace. Meilleur compteur des qualifications avec son ami d’enfance qu’est Nino Niederreiter le grison nous a épaté tout au long du tournoi. En voulant être dur avec le joueur de centre, il doit encore s’améliorer dans le cercle des mises en jeu. La REVELATION du tournoi pour l’équipe de Suisse. Il faudra confirmer face à la Finlande.

Kevin Fiala

Le compère de Roman Josi à Nashville est tout simplement un joyau qu’il faut savoir polir et il vous amènera cette touche de génie comme il l’a si bien fait avec les Predators cette saison. Le tchèque d’origine a du talent à revendre et a été dangereux a plusieurs reprises lors de ses deux premiers matchs sous le maillot à croix blanche. Une chose est sûre il pourra être décisif lors du quart de finale à venir, à condition qu’il évite le banc d’infamie. Les erreurs se payeront chères !

Gaetan Haas

Le joueur de centre bernois avait connu un mauvais tournoi olympique et il semble qu’il se soit libéré d’un certain poids dans cette phase de qualification. Gaetan Haas est talentueux, il a de très bonnes mains, mais cela ne veut pas dire que sa magnifique feinte face à l’équipe de France fonctionnera face à la défense finlandaise. Il doit à tout prix éviter les revirements en zone offensive comme on l’a parfois constaté lors de certains matchs. Son travail acharné en échec avant et sa vision du jeu en avantage numérique font de lui un pion important dans l’effectif du sélectionneur. Il a su réagir de la meilleure des manières. À lui de confirmer !

Grégory Hofmann

Meilleur compteur du championnat régulier et des séries éliminatoires de National League, le natif de Tramelan est peut-être arrivé avec une certaine pression sous le maillot helvétique. Suite à son premier but, l’attaquant de Lugano s’est libéré et est devenu un élément crucial sur le power-play. De bonne augure pour les quarts de finale. Patrick Fischer lui a enfin offert sa chance et Hofmann a su la saisir. À lui de confirmer !

Timo Meier

L’ancien des Halifax Mooseheads et l’actuel espoir des Sharks de San Jose s’est integré de la meilleur de manière. Productif, agressif, travailleur acharné en échec avant, le jeune joueur à tout pour plaire. Mon coup de cœur de ces championnats du monde !

Simon Moser

Le joeur du CP Berne a encore une fois de plus montré son talent d’adaptation au sein de l’équipe et cela sans rechigner. Autant sur le premier trio avec Corvi et Niederreiter puis sur le troisième, Simon Moser s’implique dans le jeu et s’investit dans toutes les facettes du jeu. Avec son gabarit il dérange le gardien adverse, bataille dur dans la bande et joue pour le bien de l’équipe. Un élément que chaque entraîneur aimerait avoir à disposition.

Nino Niederreiter

El Nino n’est pas venu au Danemark pour passer des vacances et se reposer de sa longue saison avec le Wild du Minnesota. Depuis le début de ce tournoi il a été l’élément déclencheur de l’offensive suisse, un réel déclic au sein de l’équipe. En se comportant en réel leader il apporté cette touche supplémentaire qui avait tant manquée aux jeux olympiques. Physique, toujours là où ça fait mal son travail est toujours payant. Une bougie d’allumage pour ses camarades depuis le début du tournoi.

Noah Rod

 L’ancien grenat a peut-être été blanchi sur la feuille des pointeurs mais sa première mission n’est pas forcément de créer de l’offensive et de marquer des Points, mais bien de contrer les meilleurs trios adverses. Avec un différentiel de +1 dans ses statistiques et le fait qu’il évolue en désavantage numérique on peut dire le joueur repêché par les Sharks de San Jose effectue son Job à merveille. Avec encore plus d’expériences au niveau international et en AHL, il pourra sans aucun doute aspirer à un tout autre rôle dans le futur. Une prestation correcte et un bel avenir pour le chaux-de-fonniers.

Damien Riat

Lattaquant du Genève-Servette a connu une phase qualificative assez timide. On aurait voulu le voir plus entreprenant à l’offensive même si il n’a pas obtenu le même temps de jeu que certains de ses camarades. Encore en plein apprentissage.

Tristan Scherwey

Le fribourgeois est revenu avec les mêmes ambitions et la même envie qu’il avait démontrées lors des jeux olympiques. Échec avant, mises en échec, patinage dans les deux sens de la patinoire. Même si il a inscrit son nom à plusieurs reprises sur la feuille de match son rôle à quelque peu changé avec l’arrivée des joueurs venu d’Amérique du Nord. Il n’a cependant pas perdu en motivation et est toujours là pour se sacrifier pour l’équipe. Sa place est définitivement gagnée en équipe nationale.

Reto Schäppi

Avec son format géant, le centre zurichois n’a pas les mêmes missions qu’avec les ZSC Lions. En pilotant le quatrième bloc sa responsabilité est de casser le jeu de l’adversaire en zone neutre et de gagner les engagements cruciaux en zone défensive. Il nous avait habitué a de bonnes prestations, mais actuellement il n’est pas aussi performant que par le passé. Un coup de fatigue après le titre de champion ?

Joël Vermin

Joël Vermin n’a pas pu goûter au tournoi olympique pour cause de blessure et cela était peut être un mal pour un bien. L’attaquant lausannois connait un bon tournoi et s’éclate en compagnie de joueur comme Sven Andrighetto et Kevin Fiala. Sa production offensive en est la preuve. Patrick Fischer a peut-être décidé de l’aligner aux côtés de ces deux vedettes NHL pour assurer la touche défensive de ce trio. Un bon choix du sélectionneur.

Pour conclure, on espère que notre équipe nationale nous offrira dès le début du match les prestations que l’on a pu admirer face à la Russie et la Suède. La Finlande est un favori, mais sur un match tout reste possible !

 

HOPP SUISSE !!!

Laisser un commentaire