Y a-t-il un entraîneur pour sauver l’équipe ?

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Les années se suivent et se ressemblent.

Il est bien loin le temps où l’on parlait du « grande Lugano ». Effectivement, en 1987, le club du président Geo Mantegazza remportait son premier titre sous les ordres du magicien suédois John Slettvoll. A partir de là, le club tessinois allait pour un bon nombre d’années  dominer le championnat suisse en remportant sept titres de champion suisse et en accédant pas moins de douze fois en finale du championnat suisse de hockey . Dernier titre en date, celui de la saison 2005-2006 avec beaucoup de rebondissements lors des quarts de finale contre l’ennemi juré Ambri-Piotta. Tout le monde a encore dans la tête la fameuse remontée du HC Lugano qui était mené 0-3 dans les séries et qui finalement passait l’épaule de manière percutante lors d’un septième match décisif à la Resega.

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Après cela, un black-out et une valse des entraîneurs interminables. La direction du club tessinois a vu défilé pas moins de quatorze entraîneurs en chef lors des douze dernières saisons, un pitre record au niveau du hockey mondial. Je ne citerai pas tout l’armada d’entraîneurs que le club tessinois a utilisé ces dernières années, mais il est bien clair qu’à part Patrick Fischer, tous étaient dotés d’expériences et de succès dans le monde du hockey sur glace. Malgré la finale perdue de la saison passée, Lugano s’est retrouvé deux fois en play-out et n’a jamais su passé au-delà des quarts de finale lors des séries éliminatoires. L’histoire se répète et le duo Doug Shedden et Pat Curcio en font les frais. Il est certain que du côté de la direction du club et des joueurs, une bonne remise en question est à planifier à court terme.

Budget hors norme.

Avec un budget officiel d’environ 18 mio, le HC Lugano fait partie depuis bien longtemps des grosses cylindrés de la ligue nationale A et se permet ainsi d’obtenir les services de joueurs de qualité et de renommée mondiale. Il suffit de nommer les Linus Klasen, Damien Brunner, Dario Bürgler, Gregory Hoffman ou Philipp Furrer cette saison.

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Sur le papier, comme on le dit souvent, l’équipe peut être considérée comme l’une des meilleures du championnat, mais cela ne s’est que très peu affirmé cette saison. De nouveaux étrangers comme le défenseur Sondell et l’attaquant Zackrisson ont eu un début de championnat bien difficile et il est bien clair que Doug Shedden et la direction technique portent leur part de responsabilité.

Avec des joueurs étrangers en-dessous de la moyenne avec l’exception qu’est Linus Klasen, le club allait donc faire appel au défenseur Ryan Wilson et à l’attaquant Maxim Lapierre afin de relancer la machine, mais cela s’est avoué être un échec.

L’aspect du jeu remis en cause.

Avec la perte d’un joueur comme Frederik Pettersson attiré par les petro-dollars de la KHL, les blessures de Damien Brunner et Philipp Furrer, le power-play des « bianconeri » a souffert tout au long de la saison. Doug Shedden n’a pas trouvé la formule magique pour relancer ses joueurs dans cette facette du jeu.

En ce qui concerne le box-play, il était pourtant bien clair que des joueurs comme Raffaele Sannitz, Julian Walker ou Sébastien Reuillle avaient le profil désigné afin de contrer l’adversaire. On a plutôt assisté au cours de la saison à un véritable défilé ce qui a, à coup sûr, apporté son lot de problèmes à l’interne.

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Les décisions techniques et l’influence qu’avait Doug Shedden sur son équipe ont été considéré comme insuffisant par la direction du club et l’entraîneur , comme souvent du côté de Lugano, en a fait les frais. On ne sait pas toujours ce qu’il se passe dans le vestiaire d’une équipe de hockey mais le silence radio du côté des joueurs en dit long sur leurs pensées.

Cependant, la grande problématique du club tessinois est la constance dans ses résultats. Répondant présent la plus part du temps à domicile, mais méconnaissable à l’extérieur, il est donc bien difficile pour l’équipe de se retrouver au sommet du classement. A croire que l’équipe du nouvel entraîneur Greg Ireland ne marche uniquement aux émotions. Parlons-en d’ailleurs.

L’effet Maxim Lapierre et  la Resega.

L’attaquant québécois est bien connu dans notre championnat depuis la saison dernière et cela non pas par son talent et sa production offensive, mais plutôt par son aspect du jeu robuste et ses diverses provocations.

La saison dernière, le phénomène Lapierre en a surpris plus d’un dans le championnat suisse de hockey sur glace. En effet, le HC Lugano faisait l’acquisition d’un joueur comme on voit peu dans notre pays. L’ancien des canadiens de Montréal et des Vancouver Canucks s’en venait du côté Lugano avec un objectif bien clair, amené une touche de robustesse et de caractère à une équipe qui en demandait; des émotions tout simplement. Que cela soit pour le public ou ses camarades de jeu l’effet escompté fut atteint avec la finale des play-offs de la saison passée.

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De retour avec les résultats négatifs du club, ce dernier n’est que l’ombre de lui-même. Autant craint, voir détesté de ses adversaires la saison dernière, Lapierre n’apporte que trop peu au club actuellement que cela soit sur le plan offensif ou défensif. Les adversaires l’ignorent simplement et sa présence n’a plus aucun impact sur les résultats sportifs de l’équipe.

Comme je le disais ci-dessus, les « bianconeri » se présentent à chaque soir devant leur public comme si ils étaient portés par leurs « tifosi ». On sait bien que du côté de la Curva Nord les attentes sont grandes et lorsque le club connait une mauvaise passe, les supporters tessinois sont toujours là pour rappeler à leurs joueurs que le maillot pour lequel ils sont censés transpirés est rempli d’histoire et de victoires. Certains joueurs, sans les citer, ne l’ont vraisemblablement pas encore compris.

La direction technique dans la ligne de mire.

 Le directeur technique Roland Habisreutinger, on l’a bien remarqué lors de la dernière conférence de presse, est appuyé par la présidente du club Vicky Mantegazza dans ses décisions. Cela n’est à coup sûr pas le cas du côté des journalistes et des supporters.

Tout d’abord on remet en cause son absence lors du début du championnat à cause d’un congé de trois mois en Alaska qui lui avait été accordé par le comité directeur du club. Selon moi un détail, qui n’a que peu de conséquences sur les derniers résultats négatifs du club.

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Le plus grand reproche pourrait être le choix des mercenaires. Avec la perte d’un joueur d’impact comme Frederik Pettersson, la direction technique avait pour mission de remplacer un buteur d’anthologie (pas moins de 66 buts) et son atout majeur avec Linus Klasen sur le jeu de puissance. Patrik Zackrisson était-il vraiment le remplaçant adéquat pour pallier ce départ, vraisemblablement non. Quant au défenseur suédois Daniel Sondell, blessé dès le début de saison, on peut tout simplement dire qu’il n’a pas passé le casting Doug Shedden. Pourtant ultra dominant du côté de Zoug durant deux saisons consécutives, ce dernier n’aura fait que de passer en coup de vent, si vous me permettez l’expression.

Le choix des remplaçants reste cependant un peu farfelu. Les problèmes à ligne bleue étant connus comment expliquer l’arrivée d’un joueur tel que Ryan Wilson. Le jeu défensif du défenseur canadien n’est en aucun cas à remettre en cause, mais il est sûr que l’on peut attendre beaucoup plus d’un joueur étranger. Son impact offensif est insuffisant pour un club comme le HC Lugano. En ce qui concerne Maxim Lapierre, que l’on attendait peut être trop en sauveur, je ne me répéterai point. L’excuse que seul ce type de joueur était sur le marché ne marche pas, puisqu’il suffit de voir quel genre de joueur sont venus renforcés les participants au tournoi de la coupe Spengler, par exemple James Wisniewski pour ne citer que lui.

HC Lugano, un club de Diva.

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Au fil des années les entraîneurs font les frais des mauvais résultats du côté de Lugano, mais les performances des joueurs ne sont que trop peu remises en question. C’est à se demander si l’adresse du club devient au fil des années un repère de superstars n’ayant comme but que de profiter des atouts du club tessinois que cela soit au niveau financier ou régional. Personnellement je ne le pense pas, du fait que je pense que tout joueur professionnel est là pour se donner à 100% pour le club avec lequel il s’est engagé. Cependant, certaines fois on se demande quand même comment ce grand club se retrouve dans cette situation au fil des années.

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Dans le monde des sports collectifs un phénomène est bien connu, une fois que les entraîneurs ne sont plus dans les petits papiers de certains joueurs, ces derniers sont dans la plupart du temps les victimes toutes désignées. C’est clair que lorsque vos joueurs ne jouent plus pour l’entraîneur le couperet ne tarde jamais à tomber. Une histoire bien connue dans le monde du hockey, mais de là à ce que l’histoire ne se répète tout au fil des saisons. A se demander si un jour le club tessinois prendra la décision de commencer un championnat sans staff technique ou pourquoi pas avec un entraîneur joueur comme chez les amateurs.

Lorsqu’un certain Barry Smith lâchait la barque après une cinglante défaite de 9-0 face aux aviateurs de Kloten tout en expliquant qu’il n’arrivait pas à faire passer son message à l’équipe, le monde du hockey se posait un bon nombre de questions. Barry Smith, vous savez, l’assistant-coach de Scott Bowman à Detroit dans la NHL et vainqueur de la coupe Stanley. Ce dernier ne manquait pas par le suite, dans un interview outre Atlantique, d’affirmer que l’équipe tessinoise ne trouverait pas d’entraîneur capable de gérer ce groupe de joueurs sans des changements radicaux. A croire que l’américain avait vu juste au vu de l’état actuel des choses du côté de la Resega.

Changement il y eu et changements il y aura.

A son arrivée à la direction du club tessinois, Vicky Mantegazza avait pour but de recréer un esprit familial du côté de la Resega et de ressouder les esprits sur le court terme. Sur un plus long terme, avec à la tête de l’équipe Patrick Fischer, le titre de champion suisse était l’objectif attendu de tous. Les objectifs hors glace ont été partiellement atteints puisqu’une hausse importante des spectateurs s’est fait remarquer. L’intégration des jeunes joueurs issus du club en est également une preuve. Par contre au niveau sportif, malgré la finale perdue de l’année passée, on est encore bien loin des objectifs donnés par le passé et il semblerait que les vieux démons ont refait surface dans l’antre de la Resega.

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Dans ces moments difficiles, on verra ce que l’entraîneur Greg Ireland pourra apporter à cette équipe en plein doute. Le plus important c’est que les leaders de cette équipe comme Julien Vauclair et Steve Hirschi arrivent à remonter le moral des troupes pour que le club participe aux séries éliminatoires. Quand tous les joueurs tireront à la même corde dans un esprit d’équipe irréprochable et avec grand respect pour le maillot du HC Lugano, alors là, les résultats positifs arriveront. Finalement, le plus dur du côté de Lugano, c’est de créer cet esprit de gagnants, cette cohésion dans un groupe qui sont si importants dans un sport comme le hockey.

 Forza Lugano e non mollare mai !

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