LE TEMPS DES HOMMES FORTS DANS LA LNH EST RÉVOLU

Les « Broad Street Bullies ».

Au début des années 70, le club des Philadelphia Flyers terrorise les autres franchises dans la LNH du à son jeu extrêmement physique. En accédant, trois années de suite, à la finale de la coupe Stanley et en remportant par deux fois les grands honneurs, les autres franchises allaient finalement également prendre des mesures afin de rivaliser avec ce terrible adversaire.

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En effet, afin de pouvoir tenir tête à la fameuse bande de l’entraîneur Ray Shero, avec des gaillards tel que Dave « The Hammer » Schultz, les autres équipes de la ligue allaient également se renforcer du côté de la robustesse et engager des sortes de « policiers » pour faire régner l’ordre sur la glace.

C’est là, si vous préférez, que va réellement commencer l’air des hommes forts ou des goons dans la ligue nationale de hockey.

Toujours plus grands toujours plus fort.

Au fil des années, les colosses se succèdent, des noms tel que Bob Probert, Chris Nilan, Marty McSorley, Ken Baumgartner, Tie Domi, Donald Brashear, Tony Twist ou Gino Odjick vous rappelleront sûrement certains épisodes électriques étant survenus durant différentes saisons dans la LNH.

Washington Capitals v Anaheim Ducks

Une certaine rivalité allait se créer entre les hommes forts et les bagarres battaient leur plein tout au long des saisons. L’objectif de ces dernières étant de montrer à l’adversaire qu’il n’avait qu’à bien se tenir et qu’il évite de chatouiller les joueurs dans le bande ou tout simplement imposer le respect. Et oui, les hommes forts se sacrifiaient pour leurs coéquipiers et les résultats de l’équipe. Ils faisaient en sorte d’essayer de faire basculer le « momentum », si important dans le hockey sur glace, du bon côté de la patinoire.

La fameuse ceinture des poids lourds.

Combien de fois avons-nous eu droit à un combat entre Bob Probert et Tie Domi ? A l’époque, les combats entre ces deux derniers étaient très fréquent et tout le monde se rappellera le geste de Tie Domi, simulant une ceinture de champion de boxe suite à un combat rocambolesque avec son adversaire que tout le monde craignait dans la ligue nationale de hockey. Au fil des saisons, les commentateurs ne parlaient même plus de bagarre ou d’affrontement, mais bien de « round ».

La course à une sorte de récompense ou plutôt de respect était lancée et au fil des années plusieurs joueurs allaient s’imposer dans la LNH, non pas par leur talent sur glace, mais plutôt par la force des leurs poings. Certains ont eu l’opportunité, voir la chance d’en faire une carrière outre atlantique, d’autres n’ont eu droit qu’à un aller-retour, parfois non sans conséquences.

Des incidents non sans conséquences.

Il est arrivé plus d’une fois outre-Atlantique que certains hommes forts est carrément peté une coche si vous me permettez l’expression. Il suffit de prendre l’exemple de Marty McSorley, ancien homme fort ayant reçu par le passé la mission de tout faire afin que l’étoile du hockey canadien Wayne Gretzky ne reçoive jamais de mauvais coups.

En effet, McSorley, avait à l’époque dans un match opposant les Bruins de Boston et les Canucks de Vancouver assené un coup de crosse à la tête de l’homme fort de l’équipe adverse Donald Brashear. Des années après, on sait que son geste impardonnable venait du fait que Brashear lui avait simplement refusé un second combat lors du même match. La commission de sécurité de la ligue avait décidé de le suspendre pour reste de la saison. Un tribunal civil le condamna à 18 mois de prison avec sursis. Suite à cette condamnation, la LNH décida de le suspendre pour une année supplémentaire, ce qui mis un terme à sa carrière dans la grande ligue.

Pour continuer dans ces épisodes pas très orthodoxes, on peut également citer Tie Domi. Homme fort des Jets de Winnipeg, des Rangers de New-York et pour un bon nombre d’années des Maple Leafs de Toronto, ce dernier était capable du meilleur comme du pire. Véritable petite peste, provocateur à chaque occasion, prêt à se sacrifier pour ses coéquipiers, on le lui pardonnera sûrement pas son fameux « sucker punch » sur Ulf Samuellson ou son coup de coude à l’encontre de Scott Niedermayer.

Pour finir, j’ai toujours en tête lorsque que Gino Odjick, à l’époque joueur des Canucks de Vancouver avait totalement perdu ses esprits et avait carrément mis sur le carreau une ligne entière des Blues de St-Louis. C’était à se demander si on assistait réellement à un match de hockey sur glace.

Des guerriers « morts au combat ».

Suite à différents événements, révélations d’anciens hommes forts de la NHL, Garry Bettman et la ligue nationale de hockey se voyaient forcer de prendre des décisions qui allaient passablement changer la donne pour les hommes forts dans la ligue.

Une série de décès foudroyants de certains hommes forts de la ligue nationale de hockey allaient avoir bien plus de conséquences que l’on ne le croit. En effet les décès de Wade Belak, Derek Boogaard ou Rick Rypien, pour ne citer qu’eux, sont survenus de manière plus que douteuse : suicide, overdose, on ne le saura jamais exactement et on se passera de commentaires afin de respecter les familles et le souvenir de ces joueurs.

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Ces terribles événements ont également fait en sorte que certaines langues se délient et que l’association des joueurs de la NHL mette sous pression ses dirigeants en ce qui concerne les commotions cérébrales et leurs conséquences.

Je suis toujours ému quand j’écoute Chris Nilan, ancien homme fort des Canadiens de Montréal, raconter sa carrière de hockeyeur professionnel dans la NHL. Les sacrifices qu’il a dû effectuer et les souffrances soir après soir. Comme il le dit encore aujourd’hui, à son époque, si tu voulais jouer dans la meilleure ligue du monde, tu devais te sacrifier, te battre soir après soir, faire abstraction de la douleur et ne pas montrer de faiblesse à tes coéquipiers. Tout cela jusqu’à qu’un plus jeune que toi arrive et prenne ta place et qu’on te jette au placard.

Il est bien clair que les bagarres ont des conséquences sur la santé des joueurs et cela personne ne pourra m’en dissuader. Cependant, je me rappelle un commentaire de Georges Laraque à ce sujet et tout en y repensant je suis en accord avec ce dernier. Les bagarres font partie du hockey sur glace, mais cela ne doit devenir un show pour les spectateurs et la santé des joueurs devraient toujours primée sur le reste. C’est justement cette évolution que l’on remarque ces dernières années du côté de la LNH.

Évolution au fil du temps.

Cela fait déjà bien près de cinq années que le jeu en Amérique du Nord à totalement évoluer. Un jeu de plus en plus rapide, technique et tactique. Les colosses comme on les connaissait n’ont plus rien à trouver ou à prouver actuellement et on l’a bien remarqué ces dernières années.

Les retraites des Georges Laraque, Donald Brashear, Colton Orr, Georges Parros ou John Scott le prouvent. De tels joueurs ne peuvent plus apporter grand-chose à part la force de leurs poings et les équipes ne cherchent tout simplement plus de tels joueurs.

Le jeu est devenu tellement rapide que les différentes franchises sont à la recherche de joueurs pouvant s’imposer sur le plan physique, technique et doté d’un coup de patin rapide pour suivre le rythme tout au long d’un match.

On le voit de plus en plus, le quatrième trio qui était à l’époque la fameuse ligne payée pour donner les coups et jouer le rôle de policier n’existe quasiment plus dans la ligue nationale de hockey. Les seuls joueurs encore présent ayant livrés un nombre considérable de combats tout au long de leur carrière se compte sur les doigts d’une main : Chris Neil, Steve Ott, Ryan Reaves,…

Les petites pestes de la ligue.

On le sait tous, le hockey sur glace est un sport robuste et il le restera et les différents se régleront toujours à l’ancienne avec une bonne empoignade, de bonnes paroles ou quelques marrons sur le pif.

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Cependant il faudra toujours faire la différente avec une peste comme Antoine Roussel ou un homme fort comme John Scott. Pourquoi, simplement parce que l’attaquant français a beaucoup plus de qualité comme joueur de hockey, il est capable d’aller là où cela fait mal, c’est-à-dire devant le but, marquer des buts ou faire marquer des buts et surtout déranger l’équipe adverse par son attitude parfois à la limite. On pourrait également citer d’autres joueurs de ce calibre comme Brad Marchand, Andrew Shaw et j’en passe. Ce ne sont pas les plus gros, mais c’est incroyable comme ils peuvent déranger leurs adversaires.

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