Des exemples à prendre pour la Ligue Suisse de Hockey.

Tout n’est pas parfait.

Cela fait déjà quelques années que certains événements commencent gentiment à déranger certains amateurs du championnat suisse de hockey sur glace. En effet, la fameuse valse des licences B, la mise sous contrat de joueurs en plein milieu de la saison régulière, les problèmes financiers de certaines équipes, la vélocité de certaines infrastructures et bien d’autres thématiques sont assurément des facteurs que les dirigeants des grands clubs de ligue devront améliorer sur le court terme.

Des exemples flagrants.

Le HC Ajoie et les licences B.

Tout le monde s’en souviendra, le HC Ajoie champion suisse de hockey sur glace de ligue nationale B la saison dernière est l’exemple parfait concernant le système des licences B dans le hockey suisse. En effet, tout le monde se rappellera de cette fameuse période où la bande à Gary Sheean était décimée par les blessures. Le directeur sportif, Vincent Léchenne et l’entraîneur se sont alors tournés vers leurs partenaires de ligue nationale A afin d’activer un nombre incroyable de licences B. On assistait du côté de Porrentruy à un véritable va et viens de joueurs venus de différents horizons.

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Il est bien clair que l’on craignait que tout ce remue-ménage n’allait pas forcément aider à renforcer l’esprit d’équipe, la solidarité et l’identité de l’équipe. Cependant, concernant ce cas précis, on peut féliciter le coach canadien qui a su gérer cette situation plus que délicate afin d’amener son équipe dans la finale des play-offs et remporter le titre.

Le système des licences B n’a pas seulement du négatif, mais il est selon moi mal réglementé. Il est tout à fait compréhensible que les clubs de l’élite suisse de hockey puissent donner du temps de jeu à leurs jeunes joueurs, afin que ces derniers prennent plus de maturité et évoluent déjà à un certain niveau. Cependant, la priorité doit rester la jeunesse et la formation et en ce qui concerne certains joueurs, des réglementations devraient être mis en place afin que les cartes ne soient pas cachées et l’équité soit la même pour toutes les équipes.

Sandro Zurkirchen à Lausanne.

En ligue nationale A, le championnat est vieux de 25 matchs et différents clubs commencent déjà à faire leurs emplettes sur le marché des joueurs. Et oui, le cerbère du HC Ambri-Piotta se serait déjà entendu sur un contrat avec le Lausanne HC pour les prochaines saisons à venir, autant dire que son avenir est déjà réglée. Dans ce cas-là, il faudrait quand même se demander si le fait de permettre aux différents clubs de mettre sous contrat des joueurs à n’importe quel moment n’aurait pas tendance à fausser les cartes dans la conquête d’une place dans les séries éliminatoires.

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Plusieurs exemples existent ces dernières années, Inti Pestoni avec les ZSC Lions, Grégory Hoffman avec le HC Lugano, Leonardo Genoni avec le CP Berne et j’en passe. Tout le monde se rappellera la réaction d’Arno Del Curto lorsque que le jeune et talentueux Grégory Hoffman confirmait qu’il avait signé une entente avec avec le club tessinois. Il est donc bien clair que ces signatures précoces de contrat ont bel et bien une certaine influence sur les équipes que cela soit au niveau de la cohésion ou de l’ambiance. Mettez-vous à la place des joueurs lorsqu’ils apprennent qu’un de leur camarade leur fera faux bon à la fin de la saison. Il est bien clair que les joueurs sont des professionnels et qu’ils sont payés pour obtenir des résultats, mais on ne se le cachera pas, conséquences il y aura toujours.

Le club des Aviateurs de Kloten au bord de la faillite

Comment expliquer qu’un club historique comme Kloten se retrouve avec une dette d’environ sept millions lors de l’année 2012 sans que personne ne l’ait vu venir. Cela nous avait bien démontré que la Ligue Suisse de Hockey avait bien perdu la vue d’ensemble sur les finances de différents clubs et que sans l’intervention, un peu douteuse, du président de la Fédération suisse de hockey Philippe Gaydoul, le club des Aviateurs de Kloten allait tout droit au crash.

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Actuellement, plusieurs clubs se retrouvent dans les chiffres rouges au fil des années, il suffit de prendre l’exemple du HC Ambri-Piotta où les dernières rumeurs concernant les aigles genevois. On ne rigole pas avec l’argent et il est bien clair que le hockey suisse devient également un marché intéressant pour les investisseurs, mais il reste à voir si ces derniers tiendront leurs promesses financières dans tous les scénarios possibles.

Il est bien clair qu’afin d’être performant et atteindre des objectifs à court terme et rivaliser avec les grandes écuries, les budgets des différents clubs de la ligue deviennent de plus en plus conséquent. Le fait de fixer certaines limites permettrait de créer une certaine équité entre les clubs et rendrait à coup sûr le championnat bien plus attractif qu’il est présentement.

La « Valascia » historique mais trop vétuste.

Toute personne ayant un jour participé à un match de hockey dans la fameuse Valascia d’Ambri-Piotta pourra vous confirmer que l’ambiance y est tout simplement phénoménal. Les pas moins de 7000 « tifosis » léventins sont capables de totalement déstabiliser l’adversaire en créant une ambiance du tonnerre et il est bien claire que chaque équipe rêve d’avoir une telle ambiance à chaque soir. Cependant, tout le monde sera d’accord, premièrement la vétusté des infrastructures est flagrante et il est bien clair que cette aréna, sous peu, fera partie de l’histoire. Avec un nouveau report dans le projet de leur nouvelle patinoire, le club léventin se retrouve dans l’embarras et sous les projecteurs de la fédération suisse de hockey sur glace.

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Il est bien clair que de nouvelles infrastructures coûtent cher et que les décisions ne se prennent pas à la légère et que tous les projets sont à prendre en compte. Ça prendra le temps qu’il faudra, il en est certain.

Cependant, il est encore inacceptable que certaines aires de jeu ne soient pas encore misent à certaines normes. L’exemple des bandes est le meilleur. Dans notre championnat, une majorité des équipes se sont mis à la page concernant les balustrades. En effet, il vous suffira de demander à chaque hockeyeur l’effet d’une charge dans une bande vieille de dix ans avec l’évolution du hockey sur glace ces dernières années. Le fait que le jeu soit de plus en plus rapide et physique, se mettre aux normes à ce niveau n’est pas seulement indispensable mais bien cruciale. La santé des joueurs devant être toujours une des premières priorités.

Les coups vicieux en hausse.

Cela fait maintenant environ trois années que les commotions cérébrales et autres blessures sont en hausses dans le championnat suisse de hockey sur glace. La rapidité et la robustesse du jeu sont certainement des facteurs à prendre en ligne de mire, mais une grande partie des graves blessures sont en majorité dues à des coups vicieux, qui sont, tout simplement, sanctionnés de manière trop laxiste.

L’exemple parfait est celui du joueur de l’EV Zoug Josh Holden. En effet, le canadien est connu pour ses coups donnés en dessous de la ceinture et il a, à plusieurs reprises mis en danger la carrière professionnel de certains joueurs voire carrément mis un terme à certaines. Demandez à des joueurs comme Serge Aubin, Erik Westrum ou Julien Vauclair qui ont vécu un réel enfer avec des symptômes post-commotion.

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Il est donc bien clair que les sanctions prises à l’encontre des joueurs ayant enfreint les règles de manière flagrante ne sont pas punis à leur juste valeur. Et que dire des récidivistes comme le joueur mentionné ci-dessus. Le dernier exemple le plus récent est celui de la charge de Tristan Scherwey sur Daniele Grassi. Résultat, le joueur des Aviateurs de Kloten est annoncé out pour au moins 6 à 8 semaines. En ce qui concerne Scherwey, multirécidiviste, on attend de voir les sanctions qui seront prises à son encontre. On parierait presque pour 3 matchs et CHF 2500.- d’amende, ce qui serait vu le dossier de ce joueur un vrai scandale.

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Pour citer un autre exemple me touchant un peu plus, il suffit de retourner dans le temps lors des demi-finales des play-offs de ligue nationale B lorsque le défenseur d’Olten Christopher Bagnoud asséna un coup de canne volontaire, et cela hors action de jeu, à l’attaquant légendaire du HC Ajoie Steven Barras. Diagnostique, fracture du nez pour le jurassien, absence lors de matchs capitaux dans les séries éliminatoires et des douleurs que ce dernier n’est pas prêt d’oublier. Conséquences pour cet attentat : 5 matchs de suspensions et CHF 1650.- d’amende, insuffisant pour un tel geste.

Des exemples à suivre.

Il est bien claire que la fédération suisse de hockey sur glace devra gentiment se mettre à la page du hockey moderne afin d’assurer le futur du hockey sur glace suisse. Plusieurs possibilités existent et beaucoup d’exemples sont à suivre tout en assurant la formation de la relève, l’étiqueté entre les différents clubs et le respect envers les joueurs.

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Non, on ne prendra exemple sur des championnats tel que la KHL, où les pétrodollars et les oligarques russes font la loi au niveau financier. Cela n’aurait aucun sens. Cependant, la NHL nous apporte des exemples que l’on pourrait adapter au niveau suisse.

Contrats et échanges de joueurs.

Pour moi, le système de périodes d’échanges et de signatures de joueurs autonomes est à prendre en compte. Une période précise pour la signature des nouveaux contrats, qui permettrait à chaque équipe d’entrer en matière pour un joueur étant libre à la fin d’une saison. Les échanges de joueurs étant possible entre les différentes équipes, mais cela jusqu’à une date limite avant la fin du championnat régulier. Cela assurait une équité totale entre les différentes équipes.

Licence B oui, mais pas n’importe qui.

Les clubs de ligue nationale B deviennent de plus en plus des clubs partenaires des équipes de ligue nationale A. Il suffit de prendre les exemples des GCK Lions, de l’EVZ Academy ou des Ticino Rockets. Il est bien que le concept des licences B est crédible pour le développement des jeunes joueurs en quête de temps de jeu dans une ligue semi-professionnel qu’est la ligue nationale B. Cependant, selon moi, chaque club de l’élite devrait avoir son club partenaire attitré et ainsi créer un concept de développement des mouvements juniors et d’assuré de mettre en place les infrastructures adéquates pour les joueurs se trouvant aux portes de la LNA. Il faudra donc que la priorité des licences B concernent les jeunes prospects et que dans le cas des joueurs ayant déjà évolué plus de trois ans dans la ligue nationale A se retrouvent au ballotage pour les autres équipes du championnat dans le cas où le grand club serait désireux de les rétrograder dans la ligue nationale B. Les directeurs sportifs réfléchiraient à plus d’une fois avant de mettre à disposition certains joueurs aux autres équipes. Une date limite comme pour les échanges devrait être fixée afin de ne pas fausser les cartes avant les séries éliminatoires.

Budgets des équipes limités.

Pourquoi ne pas fixer un budget minimum et maximum pour chaque équipe du championnat afin d’assurer l’équité et le contrôle des finances. Cela veut dire que chaque club devra au moins atteindre un certain montant pour respecter le plafond et que d’autres équipes n’auront pas le droit de dépasser ce dernier. On est tous au courant des différences de budget actuelles dans la ligue nationale A. Fixer un plafond salariale pour les joueurs, un budget pour la formation des jeunes et pour les infrastructures pourrait faire en sorte d’améliorer la situation de certains clubs dans la ligue tout en ne pénalisant pas les grandes écuries du championnat. Cela pourrait également rendre le championnat plus attractif et les investisseurs se retrouveront les mains liées et ne pourraient pas prendre certaines décisions pouvant porter atteinte à la pérennité des différentes franchises.

Promotion en ligue nationale A pas remise en question.

Le système de promotion actuel n’est pas des plus faciles pour les clubs de ligue nationale B voulant faire le grand pas en LNA. Il faut montrer patte blanche au niveau des finances, disposer d’infrastructures adéquates, mettre en place un budget financier adapté à la grande ligue et bien sûr s’imposer au niveau sportif dans la finale de promotion. Beaucoup de contraintes que très peu de clubs actuels sont capables de surmonter.

Selon moi, un club remplissant tous les critères, devrait être un candidat à la promotion et cela toujours en passant par une victoire de son championnat et de la finale de promotion. En cas de mise en faillite d’une franchise de LNA, l’équipe remplissant au mieux les conditions de promotion se verrait d’office offrir la possibilité d’évoluer dans la grande ligue.

Les changements n’ont jamais fait de mal à personne.

Il est donc grand temps que nos magiciens de la fédération suisse de hockey, les présidents de clubs, les joueurs et les instances de la sécurité remettent en question certaines décisions prises dans le passé afin d’améliorer l’attractivité de notre championnat et cela toujours en misant sur la formation de nos jeunes hockeyeurs et sur l’évolution de nos championnats.

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